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Réponse à Avenir-Suisse

30 mars 2014

Réponse à la prise de position du think-tank Avenir-Suisse concernant l’initiative sur la monnaie pleine.

Le but essentiel de la monnaie est de mettre en relation les acheteurs avec des biens réels, dans une optique de fonctionnement harmonieux de la société, de justice et d’équité. L’initiative nous parle d’économie réelle, pas de jeu de casino.

L’argent qui n’est pas un serviteur devient un tyran. Actuellement, un secteur de la société échappe entièrement à la finalité du bien commun : la finance. Il n’est que de voir les mesures d’austérité croissantes un peu partout pour s’en convaincre définitivement. Comment une société qui prétend se perpétuer dans le temps peut-elle laisser un tel pouvoir dans la main d’intérêts divergents de sa finalité de perpétuation ?

L’initiative pour la monnaie pleine a pour objectif de redonner à l’argent cette qualité de service qu’il a progressivement perdue, au détriment de certaines activités financières illégitimes bien qu’actuellement légales. Ce que les banques perdront progressivement suite à cette initiative c’est leur gigantesque et abusif pouvoir de mettre la société en coupe réglée. Il est donc clair qu’il s’agit d’une remise à l’ordre du système financier par le souverain, mais non pas d’un démantèlement. Les banques se verront effectivement contraindre aux efforts qu’elles se sont refusées à faire jusqu’ici par esprit de lucre (parce qu’une banque n’a notoirement rien à voir avec la bienfaisance), pour satisfaire à la mission que le souverain leur aura confiée légalement. Il y aura du travail pour des gens motivés et intelligents et l’on devra effectivement se mettre à réfléchir et à agir d’une manière différente. L’invocation de la difficulté de la tâche n’est pas un argument valable. Il y a assez de gens capables en Suisse pour organiser avec efficacité et compétence cette transition, si ceux qui occupent les postes actuels s’en prétendent incapables.

C’est le droit du souverain de choisir qui commande, et le temps de l’argent-maître est passé, c’est ce que signifie primordialement cette initiative. Nul doute que le monde bancaire frémit déjà et envoie préventivement ses seconds couteaux, car il pressent que son heure de gloire s’achève, qu’il doit revenir à une activité de service au bien commun, auquel il a complètement échappé, et dont l’esprit se caractérise par la modestie et le dévouement au bien commun. Il est profondément injuste que la concentration de richesse par ceux qui la manipulent se fasse sans aucun égard à la stabilité des peuples et sans but de bien commun. L’ère des prédateurs apatrides sans âme s’achève.

Il existe donc effectivement pour le système bancaire plusieurs grands “risques” d’avoir à convertir la pseudo-monnaie scripturale (monnaie “couverte” par un château de cartes fragile de dépôts interbancaires mutuellement dépendants les uns des autres), dont le rendement de création profite actuellement à des institutions privées plutôt que d’être d’intérêt général. La monnaie pleine, entièrement couverte par l’État, existera donc au bénéfice de la nation toute entière plutôt qu’à un groupe d’intérêts oligarchique. Ces risques sont (entre autres) les suivants :

1) les banques ne pourront plus inclure l’argent déposé sur des comptes courants dans la masse en faillite (donc on ne pourra plus toucher à l’argent des citoyens en cas de faillite de banque ou de rupture économique -comme cela commence à se faire dans toute l’Europe- car il sera légalement protégé)
2) le pouvoir de mise en circulation d’argent par les banques sera limité par la politique de contrôle de la masse monétaire, au moyen de création de 100% de monnaie centrale par la BNS pour couvrir 100% des dépôts à vue
3) les banques ne pourront de ce fait plus émettre des crédits à court terme pour financer des investissements à long terme sur les marchés, le seul argent qui pourra arriver sur les marchés sera celui réellement possédé par les investisseurs, et qu’ils auront consenti à engager
4) au fil des remboursements des crédits actuels, la nouvelle monnaie émise par la BNS pour compenser la masse monétaire détruite par les remboursements ne sera plus une DETTE vis-à-vis des banques, mais une création de monnaie libre de dette, mise en circulation par les dépenses publiques

Fort nous est de constater, que ce think-tank appelé curieusement “avenir” suisse, tremble à l’idée qu’on ne pourra pas revenir “en arrière” une fois cette réforme votée. Mais c’est bien vrai. Qui parle de revenir vers un âge obscur ? Et quel avenir pour la Suisse avec des craintes aussi régressives ? Et en étendant le champ de vision, quelle perspective pour l’humanité avec des symboles d’échange conçus comme autant de sangsues ? Il est temps de changer de paradigme, de rentrer dans une ère nouvelle, une ère dans laquelle la monnaie ne sera plus frappée de l’indignité de l’avarice et du mépris de l’humain, une ère dans laquelle l’homme se libérera des contraintes contre-productives des dettes, même si elles existent depuis toujours. Il est désormais temps de progresser sur ce plan.

Pierre Mottier

From → Réformes

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